COMMUNE A LA LOUPE: M'Bahiakro, une ville sinistrée et abandonnée á son sort

M'BAHIAKRO: UN PAS VERS L'INCONNU

  • Une rue inachevée

Au départ confondu á Bouaké, le département de M'Bahiakro a vu le jour par le truchement de la loi n°85-1086 du 17 octobre 1985. M’Bahiakro est á 400 km d’Abidjan. Partant du recensement de 1998, sa population était estimée á 53 802 habitants. Mais 18 ans âpres le recensement général, la densité de la population s’est fortement accrue.  
Le département de M’Bahiakro se limite au Nord par le département de Dabakala, à l'Est, Prikro et Daoukro et à l'Ouest, Bouaké et au Sud, Bocanda.
Outre l’autorité préfectorale, dans le département, l’administration est gérée par les sous-préfectures de M’Bahiakro, Kondossou et Bonguéra.
Les directions départementales sont quasiment représentées à M'Bahiakro-ville, à savoir la trésorerie, la brigade de gendarmerie, le cantonnement des Eaux et forêts, la direction départementale de l'agriculture… presque tous situés dans le même quartier.
 
 Les principaux originaires de M’Bahiakro sont les Baoulé, Agny et N'Guin.  S'agissant des N'Guin, ils seraient les premiers occupants du territoire de M'Bahiakro. La langue N'Guin tire un peu sur les ethnies Yacouba et Gouro. Il y a aussi d’autres communautés ivoiriennes et étrangères venues s’installer dans le département de M’Bahiakro.
 
Le relief du département de M'Bahiakro a un handicap. Il est visiblement accidenté dans certains endroits. L’on y voir des plateaux au sol argileux, granitique, sableux par endroit et de petites collines.
 
Dans le departement de M'Bahiakro, l’économie repose sur l'agriculture, l'élevage, de l'artisanat, l'exploitation forestière, le commerce, le transport.
Le secteur agricole est l’activité principale de la population. Il se focalise sur les cultures pérennes (café, cacao, hévéa, anacarde) et les cultures vivrières (igname, riz, maïs, arachide, etc).
Mais l’handicap climatique pousse certains agriculteurs à se ruer vers le sud pour espérer mieux.
Quant au commerce, il est tres peu significatif. Se sont quasiment les non-ivoiriens qui occupent les rares grandes surfaces et les petites boutiques.
La ville de M'bahiakro, chef-lieu de département, constitue l'unique place permanente d'importance pour les échanges commerciaux. Il s'y tient un marché hebdomadaire, le mercredi. En milieu rural, c'est à Allangouassou-M'bahiakro, que se tient un marché hebdomadaire très achalandé tous les samedis, avec la présence d'une multitude de commerçants en provenance de Daoukro, de Bouaké et de M'bahiakro
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LES INFRASTRUCTURES EN PANNES

Le département de M'Bahiakro  regorge un nombre d'infrastructures dont certaines ont occasionné le développement, bien que maigre, de maintes activités économiques.
Plusieurs secteurs socio-économiques souffrent le martyr. Notre reportage et une autre source de presse révèlent les difficultés:

Routes, voirie, transport et santé

Le département de M'Bahiakro compte à peu près 1 500 km de routes et de voiries dont 60 km vers Daoukro et 80 km vers Bouaké. Presque tout le reste des routes internes au département sont non bitumées et difficilement praticables à saison de pluie.
La commune de M'Bahiakro compte environ moins de 3 Km de bitume. Cette faille infrastructurelle traduirait le faible taux de véhicule de transport dans le département. La population souffre assez de cette situation. Le plus éprouvant, il n’y a pas de « taxi » dans toute la ville. Quant aux villages, se sont généralement les véhicules communément appelés « Badjan », qui sont les moyens de transport. Les voyages se font deux fois par semaine. Certains villages sont tellement enclavés que les voitures ne peuvent pas y pénétrer.  On s’y rend á pieds ou en taxi-moto. A M’Bahiakro, on dénombre á peine quelques véhicules personnels et de fonctions. Et nombre très insuffisant de cars, minicars repartis dans trois gares juxtaposées. Les voyages se font une fois dans la journée. Ce sont les taxi-motos qui monobolisent le transport dans la ville de M’Bahiakro et dans la quasi-totalité des villages. D’autant qu’il n’existe pas de véhicules-taxis dans toutes les localités. En ville, les prix des taxis-motos sont homologués. C’est 200fcfa. Mais quant il s’agit d’aller dans les villages, les conducteurs de ces taxis á deux ou tri roues font des prix á la tète du client. Les coûts vont de 1000 á 30000fcfa selon la distance parcourue et les bagages que l’on veut charger.  Aussi, le trajet est plus coûteux quand la plus tombe parce que les voies sont boueuses et péniblement praticables. Cette situation est encore déplorable quand il est question de transporter un malade critique à l’hôpital général dudit département. Ce centre de santé a une seule ambulance pour  tous les résidents de la ville de M’Bahiakro et des 78 villages environnants.
Avoir comme moyens de transport des malades une seule ambulance et des taxi-motos, est un handicap criard même si le département compte un hôpital général disposant de cinq médecins, d'un centre de santé urbain à Banguéra, de quelques centres de santé ruraux à travers les sous-préfectures, d'une officine publique de pharmacie et d'une pharmacie privée.

Agricole et éclairage

Le département compte un nombre insignifiant d’établissements secondaires situés au chef-lieu du département, moins d’une centaine d'écoles primaires réparties à travers les sous-préfectures du département et quatre établissements préscolaires.
Les écoles, qu'elles soient primaires et secondaires sont en sureffectifs chroniques et souffrent d'un manque de matériels (tables-bancs et matériels pédagogiques), d'enseignants et locaux. Pas moins de 161 postes d'enseignement primaire. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour laquelle, pour cette rentrée scolaire 2017-2018, l’inspection de l’enseignement primaire (IEP) de M’Bahiakro totalise sans doute le plus grand nombre d’instituteurs  stagiaires affectés. Au lieu de 27 stagiaires, comme était convenu, c’est plutôt un peu plus d’une centaine d’affectés confiés à ladite inspection. Ces instituteurs stagiaires sont repartis dans les écoles (certaines conçues en terre rouge) de différents villages des sous-préfectures du département de M’Bahiakro.
Ces stagiaires venus combler le manque d’enseignements sont confrontés á vivre le martyr sous une autre forme. Seuls 16 villages sur les 78 du département sont électrifiés. Faute d'entretien, l'éclairage public est aussi défaillant dans plusieurs quartiers de la ville de M'Bahiakro.


 

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